Notre histoire

Notre histoire 2018-04-15T13:29:35+00:00

1982-2004

J’ai grandi dans la belle campagne de Saint-Armand, dans les Cantons-de-l’Est. Après 4 ans de formation en G.E.E.A (Gestion et Exploitation d’Entreprise Agricole) et trois stages en milieux agricoles, je suis sorti du CÉGEP en 2004, mais ignorant toujours ce que je ferais de mon diplôme.

Été 2004 au printemps 2005

Chez Serres et Pépinière Champlain, je m’occupe à temps plein de l’irrigation des serres et de la livraison de certaines commandes.

2005

C’est précisément à l’été 2005 que j’ai compris ce que je voulais faire dans la vie. En effet, c’est à cette époque que je suis engagé comme « dépisteur » chez Prisme Consortium, à Sherrington. En gros, le dépisteur doit arpenter d’énormes champs en zigzag une à deux fois par semaine et s’arrêter aléatoirement à plusieurs endroits pour consigner la présence de maladies et d’insectes ravageurs. Il collige ses notes et, selon un seuil de tolérance pré-établi, suggère aux producteurs l’application d’un pesticide. En une saison, j’ai vu les mêmes champs recevoir une dizaine de traitements contre des maladies fongiques et des insectes. Après chaque traitement, je devais retourner sur place quelques jours plus tard pour constater son efficacité. En deux mois, après avoir analysé la situation, j’ai conclu que la consommation de ces productions ne correspondait plus à mes valeurs. Il fallait faire quelque chose, mais quoi ?

À la fin de mon contrat avec Prisme ce même automne, j’approche un ami qui exploite une ferme agricole soutenue par la communauté depuis deux ans en lui offrant gratuitement mes services pour le reste de la saison afin d’apprendre ses techniques de travail : récolte des légumes, montage et livraison des paniers, et rencontre de ses partenaires. Comme j’ai adoré mon expérience, j’approche mon beau-père de l’époque, un producteur laitier et porcin conventionnel qui possède beaucoup de terres à Sainte-Brigide-d’Iberville pour qu’il me concède un petit carré sur un retour de prairies (aucun pesticide n’avait été pulvérisé depuis trois ans sur ce morceau de terre). Il m’offre même un vieux bâtiment inutilisé pour que je puisse m’y installer.

2006

Je commence seul ma première saison, qui s’étalera sur 15 semaines de livraisons avec deux points de chute. Grâce à la distribution d’affiches et de plus de 5 000 brochures aux portes des quartiers environnants de Saint-Jean et Sainte-Brigide-d’Iberville, je réussis à recruter 43 familles, qui entreprendront l’aventure avec moi. Sans aide mécanique, je m’en tire vraiment bien, mais avec beaucoup d’effort. Mon ami André me loue le quart de sa serre pour le démarrage de mes transplants de légumes. Mes parents me prêtent leur Dodge Caravan, que j’achèterai l’année suivante, pour les livraisons. Après 2011, elle ne servira plus qu’aux transports dans le champ.

2007

Je me joins au réseau d’Équiterre et je fais 68 paniers, dont la livraison est étalée sur 18 semaines. Déjà plein d’ambition, je décide d’offrir 5 semaines de paniers d’hiver en fin de saison avec livraison aux deux semaines (octobre, novembre et décembre). Vingt familles me suivent dans cette nouvelle aventure. Le bâtiment n’étant pas chauffé, je prépare mes boîtes à l’intérieur du frigidaire et réalise que ce n’est pas une bonne idée de poursuivre le projet pour les prochaines années. Je commence tranquillement à m’acheter de la machinerie, dont un premier cheval de fer, mon « Farmall 140 ».

2008

73 paniers seront produits. Mon désir de devenir vite le plus autonome possible me pousse à faire un gros achat par rapport à mes revenus : mon plus gros tracteur, qui me permet de faire presque tous mes travaux quand je veux sans avoir à louer de la machinerie. C’est encore mon tracteur principal à ce jour.

2009

Équiterre m’offre un beau projet « Fermier au bureau » : un point de chute en entreprise au siège social de RONA à Boucherville. Ce qui fait : 25 paniers chez RONA, 53 à Saint-Jean et 12 à Ste-Brigide. Je produis donc 90 paniers toujours seul sur la ferme. La saison passe de 18 à 20 semaines de livraisons.

2010

N’ayant qu’une location de terre comme frais, j’acquiers de plus en plus de machinerie en me disant que si un jour j’achète une terre, j’aurai déjà mon équipement, et qu’il se déménage bien. Je produis alors 87 paniers, qui sont répartis dans les mêmes points de chute. Au milieu de l’été, en discutant avec André, il nous apparaît évident que j’allais devoir trouver une autre solution pour la serre le printemps suivant, car nous commencions à être vraiment trop serrés à deux dans la sienne. Mon père et moi commencerons à ériger ma nouvelle serre dès l’automne, même s’il s’agissait là d’une dépense imprévue.

2011

Ma plus grosse saison depuis mes débuts : 110 paniers seront livrés pendant 20 semaines. J’aurai un nouveau point de chute proposé par Équiterre : l’Agence de la Santé et des Services sociaux de la Montérégie, à Longueuil. J’achète mon deuxième Farmall, équipé d’un distributeur d’engrais. Il permet d’épandre l’engrais en bande directement au pied du plant avec plus de précision qu’à la volée.

2012

RONA décide de mettre fin au projet « fermier au bureau ». Avec beaucoup d’effort, j’obtiendrai 91 inscriptions. Pour économiser un peu de temps, je décide de changer le mode de distribution des paniers en passant des boîtes toutes faites à la méthode marché ou vrac (les familles composent leur panier en choisissant parmi les légumes proposés). Un cours d’apiculture et l’achat d’une ruche me font découvrir une nouvelle passion pour les abeilles. Avec un coup de chance, j’apprends qu’une ferme voisine de mon ami André Samson est probablement à vendre à Farnham. J’appelle le monsieur : « Oui, oui, la terre est à vendre, mais je n’ai pas pris le temps de mettre mes affiches encore ». Un mois et demi plus tard, nous étions tous assis chez le notaire et je deviens propriétaire d’une ferme de 15 acres avec 2 maisons et une écurie. N’ayant servi que de parc à chevaux depuis plus de 15 ans, les terres peuvent être certifiées bio l’année même. Je prends possession des lieux au mois d’août et je rénove la maison pendant 2 mois tout en m’occupant de mes légumes à Ste-Brigide. J’y déménage le 1er octobre avec ma nouvelle copine Mélanie. La serre construite à l’automne 2010 doit donc être démontée et remontée avant l’hiver, ce que nous avons fait avec l’aide d’amis et de ma famille. La machinerie et tout le reste de l’équipement devront être déménagés entre les deux saisons.

2013

115 paniers sont produits et les livraisons passent de 20 à 25 semaines grâce à la construction d’une nouvelle serre tunnel qui nous permettra de prolonger la saison. Sa construction se terminera à la fin avril, juste à temps pour les premiers semis. Plusieurs travaux seront effectués au printemps : fin de l’établissement de la serre; construction d’un frigidaire ; excavation des fossés accompagnée du creusement d’un étang d’irrigation ; drainage et nivelage des terres ; aménagement de la salle de manutention de légumes, construction des installations pour laver les légumes à l’extérieur. À la fin de l’automne, nous avons entrepris la construction de quatre nouvelles serres tunnel qui seront installées aux champs afin de pouvoir y cultiver des légumes tôt au printemps à l’abri des insectes nuisibles, de produire des tomates et concombres de serre ainsi que d’offrir une protection contre le gel aux légumes plus tard en automne. Les travaux prendront fin au printemps 2014.

2014

144 paniers seront livrés chaque semaine pendant 22 semaines. Un nouveau site Internet est mis en ligne au printemps. Nos espaces de travail sont mieux aménagés. La miellerie sera construite durant l’été et la production de miel est très bonne. Je m’adjoins une première employée temps plein, Isabelle, qui nous aidera tout l’été. Ma copine Mélanie mettra ses mains dans la terre et surtout lors des livraisons; elle sera présente avec moi toute la saison. Pour innover, nous plantons 120 plants de vigne à raisins de table. Un autre étang d’irrigation sera creusé. Plusieurs parcelles seront nivelées au laser, et nous semons enfin des engrais verts pour l’automne. Je fais l’achat d’un nouveau petit tracteur qui servira pour de petits travaux dans les jardins en 2015. Très belle saison.

2015

173 paniers sont produits sur une saison de 22 semaines. Mélanie commence à travailler à la ferme à temps plein, et s’occupe des livraisons du mercredi et du jeudi afin de me permettre de travailler davantage au champ. Une nouvelle employée, Amélie, est là à temps plein, et Isabelle reviendra un peu à l’automne. Nous avons une très belle production de fraises et de légumes en général. Les quantités sont parfois un casse-tête, car nous arrivons souvent serrés pour faire les paniers. La saison de miel n’est vraiment pas bonne malgré les 11 ruches que nous avons. 13 poiriers sont plantés à l’automne, et d’ici 7-8 ans, nous pourrons mettre des poires dans les paniers. Nous mettons 3 000 plants de fraises en terre pour le printemps 2016.

2016

Notre 10e saison ! Nous produisons 180 paniers sur 22 semaines, et nos surplus permettent de fournir quelques clients en semi-gros,  dont Avril et Ferme Guyon. Notre petite fille Alyss naît le 9 mai en même temps que l’arrivée de la saison. Un beau défi que nous relevons bien, Maman s’implique beaucoup et Papa dort relativement bien. Un printemps difficile pour les abeilles puisque nous perdons 7 ruches sur 11 :O( La saison est très belle, nous avons de bons rendements et les paniers sont beaux,  malgré les 90 jours sans pluie… Du jamais vu. Nous passons notre temps à irriguer les cultures avec les fonds de nos étangs. L’équipe est alors composée de Joanie (temps plein), de Fanny (stagiaire) ainsi que de France et Manon (temps partiel).

2017

Une superbe saison. Avec notre nouveau planteur à légumes, nous pouvons enfin augmenter les quantités mises en terre. Notre plus gros jardin jamais cultivé. Nous ouvrons un kiosque au marché de Chambly tous les samedis, lequel sera la responsabilité de Mélanie. Les premiers gars font leur apparition, Arnaud et Étienne. Avec Jessica et Terry-Anne ainsi que France et Amélie qui font leur retour, nous formons une belle grosse équipe. L’automne 2017 est marquante pour nous puisque le premier coup de pelle se donne pour entreprendre la construction de notre nouvelle maison écologique (solaire-passive). Nous pourrons donc quitter et démolir notre maison passoire vieille de 140 ans en 2018.